Hero Image
HERO14_IMAGE_ACTIVITES
23 min

Questions techniques

Cette deuxième partie du mémento présente les principes à considérer pour définir l’épaisseur des vitrages : influence du vent, de la neige, de l’altitude ou de la hauteur des bâtiments. Elle aborde aussi les critères de résistance, de flèche et les limites dimensionnelles, ainsi que les précautions liées à la chaleur, à la condensation ou aux conditions de pose. L’objectif est de garantir des vitrages sûrs, adaptés à leur environnement et durables.

Détermination des épaisseurs

MÉTHODE DE LA NORME 

La norme NF DTU 39 P4 de juillet 2012 définit une méthode de détermination des épaisseurs de vitrage destinés à être mis en œuvre dans des bâtiments de moins de 100 m de hauteur et situés à une altitude inférieure à 2 000 m. Elle précise les pressions conventionnelles à retenir et les formules à appliquer. 
 

CHARGES DE VENT 

Les charges de vent présentées ci-dessous sont obtenues par simplification de la méthode de l’Eurocode 1 (NF EN 1991-1-4) et de son annexe nationale. Les hypothèses de simplification sont précisées dans le 5.1.4 de la NF DTU 39 P4. 
 

Éléments à prendre en compte 

Pour déterminer la pression conventionnelle due à l’action du vent, on distingue :

  1. La zone où se trouve la construction

Pour la France métropolitaine, quatre zones sont à prendre en compte suivant la carte ci-après.

S’agissant des départements d’outre- mer, chaque département constitue sa propre zone de vent. Les départements sont : Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte.

 

  1. La catégorie de terrain

On distingue cinq catégories de terrain :

  • IV : zones urbaines, dont au moins 15 % de la surface est recouverte de bâtiments dont la hauteur moyenne est supérieure à 15 m, mais aussi forêts ;
  • IIIb : zones urbanisées ou industrielles, bocages denses, vergers ;
  • IIIa : campagnes avec des haies, vignobles, bocages, habitats dispersés ;
  • II : rase campagne avec ou non quelques obstacles isolés (arbres, bâtiments, etc.) séparés les uns des autres de plus de 40 fois leur hauteur ;
  • 0 : mer ou zone côtière exposée aux vents de mer, lacs et plans d’eau parcourus par le vent sur une distance d’au moins 5 km.

Dans le cas du littoral méditerranéen, hors Corse, les vitrages dont la situation correspond à la catégorie 0 sont considérés comme en catégorie de terrain II, vis-à-vis des effets du vent.

La catégorie de terrain à prendre en compte est définie dans une zone de rayon R, dépendant de la hauteur du bâtiment. La valeur de R est donnée dans le tableau ci- dessous. 
 

Hauteur H du bâtimentH ≤ 9 m9 < H ≤ 18 m18 < H ≤ 28 m28 < H ≤ 50 m50 < H ≤ 100 m
Rayon R R = 320 mR = 750 mR = 1 250 mR = 2 500 mR = 5 800 m

 

Dans le cas où la zone comporte plusieurs catégories de terrain, la plus défavorable sera retenue.

Dans le cas d’une zone montagneuse, à plus de 900 m d’altitude, et à défaut de précision dans les DPM, les vitrages sont considérés comme en catégorie de terrain II.

À défaut d’une connaissance précise du contexte urbain, en dehors du centre des grandes villes, on choisira la situation « IIIb ».

 

  1. Hauteur H du bâtiment

C’est la hauteur H du bâtiment au-dessus du sol qui détermine la pression du vent pour tous les vitrages extérieurs de ce bâtiment.

On distingue cinq classes de hauteur de bâtiment : 

  • H ≤ 9 m ;
  • 9 < H ≤ 18 m ;
  • 18 < H ≤ 28 m ;
  • 28 < H ≤ 50 m ;
  • 50 < H ≤ 100 m. 

 

La pression de vent à considérer dans le cas des bâtiments de plus de 100 m de hauteur doit être précisée dans le DPM. Pour Mayotte, à défaut de précision, on considérera les pressions de vent de La Réunion. 

Charges de vent en France, 4 zones

Vitrages situés en intérieur

Dans le cas de vitrages situés à l’intérieur des locaux (cloisons intérieures par exemple), on retiendra une pression conventionnelle de 600 Pa quelles que soient la hauteur et la région du bâtiment.

Poids propre du vitrage : Pp = 25 × ep

 

Pressions conventionnelles - France métropolitaine 
                           

 Catégorie du terrain  Hauteur du bâtiment 
H≤ 9 9 < H ≤ 18 m  18 < H ≤ 28 m 28 < H ≤ 50 m 50 < H ≤ 100 m 
Région 1 IV 850 900 1150 1400 1800 
IIIb 900 1200 1400 1700 2050 
IIIa 1 200 1500 1700 2000 2350 
II 1 500 1800 2050 2300 2650 
1 900 2150 2350 2600 2900 
Région 2 IV 1050 1100 1350 1700 2100 
IIIb 1050 1400 1650 2000 2450 
IIIa 1400 1750 2000 2350 2800 
II 1800 2150 2400 2750 3150 
2250 2600 2800 3100 3500 
Région 3 IV 1200 1300 1600 2000 2500 
IIIb 1250 1650 1950 2350 2900 
IIIa 1650 2050 2350 2800 3300 
II 2100 2550 2850 3200 3700 
2650 3050 3300 3650 4100 
Région 4 IV 1400 1500 1850 2300 2900 
IIIb 1450 1950 2250 2750 3350 
IIIa 1900 2400 2750 3200 3850 
II 2450 2950 3300 3750 4300 
3050 3500 3800 4200 4750 

Pressions conventionnelles - Départements d’outre-mer 

 Catégorie du terrain  Hauteur du bâtiment 
H≤ 9 9 < H ≤ 18 m  18 < H ≤ 28 m 28 < H ≤ 50 m 50 < H ≤ 100 m 
Guadeloupe IV 2300 2500 3050 3800 4800 
IIIb 2400 3200 3750 4550 5550 
IIIa 3150 4000 4550 5300 6350 
II 4050 4900 5400 6200 7150 
5050 5800 6300 6950 7800 
Guyane IV 500 550 700 850 1050 
IIIb 550 700 850 1000 1250 
IIIa 700 900 1000 1200 1400 
II 900 1100 1200 1400 1600 
1150 1300 1400 1550 1750 
Martinique IV 1800 2000 2400 3000 3800 
IIIb 1900 2550 2950 3600 4400 
IIIa 2500 3150 3600 4200 5000 
II 3200 3850 4300 4900 5650 
4000 4600 5000 5500 6200 
Réunion IV 2050 2250 2700 3400 4250 
IIIb 2150 2850 3350 4050 4950 
IIIa 2800 3550 4050 4750 5650 
II 3650 4350 4850 5500 6350 
4550 5200 5600 6200 6950 

CHARGES DE NEIGE  

Les charges de neige présentées ci-dessous sont obtenues par simplification de la méthode de l’Eurocode 1 (NF EN 1991-1-3/NA) et de son annexe nationale. Cette charge est à considérer lorsque l’inclinaison du vitrage est inférieure à 60° par rapport à la verticale. Les charges de neige sont données en fonction de la région. 8 régions sont à prendre en compte suivant la carte ci-contre.  

2 types de charges sont à considérer :  

La charge de neige normale Sk , majorée lorsque l’altitude est supérieure à 200 m suivant le tableau 2 et la charge de neige exceptionnelle SAd quelle que soit l’altitude. Lorsque l’altitude de la construction est supérieure à 2 000 m, la charge de neige au sol doit être précisée dans les DPM. Un coefficient de pondération μ est à appliquer en fonction de la forme de la toiture et de l’éventuel risque de chute de neige d’une toiture supérieure (voir NF DTU 39 P4, coefficient μ, Tableau 6 : « Coefficient de forme de toiture »). La charge de neige sur la toiture est alors calculée selon 2 cas :  

1. Charge de neige normale : S1 = (Sk + ΔS) × μ × Ce × Ct  

2. Charge de neige exceptionnelle : S2 = SAd × μ ×Ce × Ct 

Charge de neige en France par région

Les coefficients Ce et Ct , sauf indication précisée dans les DPM, sont considérés égaux à 1.

 

CAS PARTICULIER D’UNE CHARGE DE NEIGE DUE AUX RISQUES D’AVALANCHE  

Cette pression spécifique doit être définie dans les DPM. Elle est couramment de 5 000, 10 000 ou 30 000 Pa et doit être appliquée aux vitrages verticaux ou inclinés. 


COMBINAISONS DE CHARGES  

Voir tableau ci-contre. Pour les vitrages inclinés, la détermination des épaisseurs sera effectuée avec la combinaison de charge la plus défavorable :

  • PVent Pression du vent,  
  • Pav Charge due à une avalanche,  
  • Pp Charge due au poids propre,  
  • P4 et P5 : pour les vitrages en intérieur.
α > 60° PVent PAV 
α ≤ 60° PVent P2 = 3,75 (S1 + Pp) P3 = 2,2 (S2 + Pp) P4 = 4,7 × Pp P5 = PVent + Pp P6 = PVent – Pp P7 = 2,5 (PAV + Pp) 

 

CALCUL DE L’ÉPAISSEUR DES VITRAGES  

La pression de calcul définie précédemment est utilisée dans les formules ci-après pour déterminer une épaisseur « e1 ».  

Un facteur de réduction c = 0,9 est à appliquer pour tous les vitrages extérieurs en rez-de-chaussée, et dont la partie supérieure est à moins de 6 m du sol extérieur.  

Vitrage non rectangulaire en appui sur toute sa périphérie : il est assimilé à un vitrage rectangulaire.  

Le maintien ponctuel consiste en une platine de fixation rigide, généralement vissée dans un montant. Il permet de réduire la flèche du bord libre et donc de diminuer les épaisseurs du vitrage. Le maintien ponctuel doit être assuré sans serrage du produit verrier. L’interposition d’une entretoise permet de limiter le serrage.  

 

Vitrages bord à bord  

On utilise les formules de calcul des vitrages pris en feuillure sur 3 côtés ou 2 côtés opposés.  

Vitrages bombés  

L’épaisseur du vitrage bombé est calculée comme celle d’un vitrage plan de surface égale à la surface développée.

Lorsque le(s) bord(s) libre(s) est(sont) les bords cintrés, une étude de conception et de dimensionnement spécifique doit être réalisée.

 

FACTEURS D’ÉQUIVALENCE  

Les facteurs d’équivalence ε1 et ε2 tiennent compte de l’assemblage entre composants. Le facteur d’équivalence ε3 tient compte de la nature des composants

 

VÉRIFICATION DE LA RÉSISTANCE  

eR est l’épaisseur équivalente pour le calcul de résistance. La résistance d’un vitrage dépend de son épaisseur et de sa nature (recuit, trempé, imprimé, etc.). Dans le cas d’un assemblage associant des composants de nature différente, seule la valeur maximale des coefficients ε3, MAX (ε3), est à prendre en compte.

 

Lorsque l’épaisseur eR est inférieure à l’épaisseur nominale du composant le plus épais, eR est pris égal à l’épaisseur de ce seul composant.  

Il faut vérifier que : eR ≥ e1 × c 

Vitrage en feuillure

Vitrage simple monolithique  
L’épaisseur eR est égale à son épaisseur nominale divisée par ε3

 

Vitrage simple feuilleté  

L’épaisseur eR est égale à la somme des épaisseurs nominales des composants monolithiques, divisée par la valeur maximale des coefficients ε3 et par le coefficient ε2 correspondant au type de vitrage feuilleté. 

 

Vitrage isolant  

L’épaisseur eR est égale à la somme des épaisseurs nominales des composants, soit monolithiques, soit feuilletés, divisée par ε2, le tout divisé par le produit du coefficient ε1 et de MAX(ε3

  • Calcul de eR pour un vitrage isolant double avec deux composants monolithiques : 

 

  • Calcul de eR pour un vitrage isolant double avec un composant feuilleté : 

 

  • Calcul de eR pour un vitrage isolant double avec deux composants feuilletés : 


Tableaux : 

Vitrages isolants

Type de vitrage  ε
Vitrage isolant NF EN 1279 Comportant deux produits verriers (double vitrage) 1,6 
Comportant trois produits verriers (triple vitrage) 2,0 

Vitrages feuilletés 

Type de vitrage ε
Vitrage feuilleté de sécurité NF EN ISO 12543-2 Deux composants verriers 1,3 
Trois composants verriers 1,5 
Quatre composants verriers et plus 1,6 
Vitrage feuilleté NF EN ISO 12543-3 Deux composants verriers 1,6 
Trois composants verriers et plus 2,0 


Vitrages simples et monolithiques 

Type de vitrage ε 3 Type de vitrage ε 3 
Vitrage recuit NF EN 572-2 Vitrage recuit armé NF EN 572-3 1,2 
Vitrage étiré NF EN 572-4 1,1 Vitrage imprimé NF EN 572-5 1,1 
Vitrage imprimé armé NF EN 572-6 1,3 Vitrage trempé NF EN 12150 ou NF EN 14179 0,61 
Vitrage émaillé trempé NF EN 12150 0,77 Vitrage imprimé trempé NF EN 12150 0,71 
Vitrage durci NF EN 1863 0,8 Vitrage borosilicate NF EN 1748-1 
Vitrage borosilicate trempé NF EN 13024 0,61 Vitrage émaillé durci NF EN 1863 
Vitrage alcalino-terreux recuit NF EN 1748-1 Vitrage alcalino-terreux trempé NF EN 14321 0,61 
Vitrocéramique NF EN 1748-2 Vitrage trempé chimique NF EN 12337 0,55 
Vitrage recuit dépoli acide industriellement Vitrage recuit dépoli par sablage 1,1 
Vitrage recuit dépoli par grenaillage 1,4 Vitrage gravé 1,2 

VÉRIFICATION DE LA FLÈCHE  
 

Dans tous les cas, la flèche des vitrages doit être vérifiée selon la formule : 

 

Éléments à prendre en compte pour le calcul de la flèche : α : valeur du coefficient de déformation. Voir tableaux ci-contre pour les vitrages en appui continu sur 4, 3 ou 2 côtés.

P : pression de calcul en Pascals, eF : épaisseur équivalente correspondant à la somme des épaisseurs des vitrages monolithiques ou feuilletés, pondérée des coefficients ε1 et ε2. b est :  

• soit le petit côté l dans le cas de vitrages pris en feuillure sur 4 côtés ;  

• soit le bord libre L ou l dans le cas de vitrages pris sur 2 ou 3 côtés.

 

CRITÈRES ADMISSIBLES  

Dans le cas des vitrages extérieurs en appui sur leur périphérie, verticaux ou inclinés, la flèche maximale au centre doit être inférieure au 1/60e du petit côté, et limitée à 30 mm. Les vitrages présentant un bord libre doivent avoir une flèche maximale inférieure aux valeurs suivantes :  

• Simple vitrage : f ≤ 1/100e du bord libre, limitée à 50 mm ;  

• double vitrage : f ≤ 1/150e du bord libre, limitée à 50 mm.

 

Dans le cas des vitrages avec maintiens ponctuels :  

• la flèche maximale au centre doit être inférieure au 1/60e du petit côté, et limitée à 30 mm, en considérant le vitrage en appui sur sa périphérie ;  

• la flèche maximale du bord libre doit répondre aux critères définis ci-dessus pour les simples vitrages et double vitrage, en considérant la longueur b comme étant la distance entre appuis, en considérant la valeur de α = 2,1143.

Vitrage simple monolithique  

L’épaisseur d’un composant verrier monolithique est égal à son épaisseur nominale. eF = e.

Vitrage simple feuilleté  

L’épaisseur eF est égale à la somme des épaisseurs nominales des composants monolithiques, divisée par le coefficient ε2 correspondant au type de vitrage feuilleté. 

Vitrage isolant  

L’épaisseur eF est égale à la somme des épaisseurs nominales des composants, soit monolithiques, soit feuilletés, divisée par ε2, le tout divisé par le coefficient ε1.

Calcul de eF pour un vitrage isolant double avec deux composants monolithiques : 

 

Appui continu sur 4 côtés 

Rapport largeur/ longueur α 
0,6571 
0,9 0,8000 
0,8 0,9714 
0,7 1,1857 
0,6 1,4143 
0,5 1,6429 
0,4 1,8714 
0,3 2,1000 
0,2 2,1000 
0,1 2,1143 
< 0,1 2,1143 

Appui continu sur 3 côtés

Rapport longueur/bord libre α 
0,300 0,68571 
0,333 0,73143 
0,350 0,80000 
0,400 0,91429 
0,500 1,14286 
0,667 1,51429 
0,700 1,56286 
0,800 1,71000 
0,900 1,85714 
1,000 2,00000 
1,100 2,05714 
1,200 2,11429 
1,300 2,17143 
1,400 2,22857 
1,500 2,28571 
1,750 2,31429 
2,000 2,35714 
3,000 2,37143 
4,000 2,38571 
5,000 2,38571 
> 5 2,38571 


Appuis libres continus sur 2 côtés

α : 2,1143 

 

Calcul de eF pour un vitrage isolant double avec un composant feuilleté : 

 

Calcul de eF pour un vitrage isolant double avec deux composants feuilletés : 

 


LIMITATIONS DIMENSIONNELLES DES VITRAGES SIMPLES MONOLITHIQUES RECUITS OU ARMÉS  

a) Les limitations suivantes s’appliquent : voir tableau.  

b) Pour les vitrages dont la surface est supérieure à 5 m2 :

• l’épaisseur nominale doit être supérieure ou égale à 6 mm lorsque la partie basse du vitrage est à plus de 0,60 m du sol ;

• l’épaisseur nominale doit être supérieure ou égale à 8 mm lorsque la partie basse du vitrage est à moins de 0,60 m du sol.  

c) Pour les vitrages rectangulaires de plus de 1 m2 présentant un bord libre non protégé :  

• l’épaisseur nominale doit être supérieure ou égale à 8 mm si la dimension du bord libre est inférieure à 2 m ;  

• l’épaisseur nominale doit être supérieure ou égale à 10 mm si la dimension du bord libre est supérieure ou égale à 2 m. 

Dimension maximale du petit côté (m) Épaisseur nominale minimale (mm) 
0,66 
0,92 
1,5 

Exemple de dimensionnement des vitrages selon le DTU 39 P4  

La norme NF DTU 39 P4 de juillet 2012 définit une méthode de détermination des épaisseurs de vitrage destinés à être mis en œuvre dans des bâtiments de moins de 100 m de hauteur et situés à une altitude inférieure à 2 000 m. Elle précise les pressions conventionnelles à retenir et les formules à appliquer.  

Le dimensionnement des vitrages défini dans le DTU 39 prend en compte divers critères tels que :  

• la localisation des ouvrages ;  

• les zones de vent et catégories de terrains (villes, zones industrielles...) ;  

• les zones de neige normale (avec prise en compte de l’altitude) ou zones de neige exceptionnelles ;  

• la hauteur de bâtiment, etc.  

Les abaques présentés ci-après ont pour objectif de donner des points de repère pour déterminer des épaisseurs de vitrage avec une approche simplifiée. Elles ne sont pas exhaustives et ne donnent pas forcément la composition de verre la plus mince pour une situation donnée (le résultat proposé ici peut être majoré).

 

1. VITRAGE VERTICAL POUR FENÊTRES ET BAIES VITRÉES DANS LES CAS COURANTS  

HYPOTHÈSES  

• Prises en feuillure sur 4 côtés,  

• Fenêtres situées dans les étages courants d’un bâtiment (à moins de 9 mètres du sol), hors région de montagnes.  

Cas couverts 

 

Nota : il appartient à l’utilisateur des abaques de dimensionnement de bien vérifier la valeur des charges climatiques à appliquer

 

ENVIRONNEMENT PÉRIURBAIN EN RÉGION 1 ET 2 (CATÉGORIE DE TERRAIN III B)  

Méthode  

• Déterminer la charge de vent (P) à appliquer : tableau N°2 du DTU 39 – P4 ;  

• Le dimensionnement (c’est-à-dire la composition du vitrage) dépend de la charge de vent appliquée, de la largeur et de la hauteur du vitrage. Il prend en compte la résistance mécanique et la flèche du vitrage.  

Choisir une composition de double vitrage  

Dans les exemples d’abaques suivants, en fonction de la hauteur et de la largeur du double vitrage souhaité, il faut choisir des compositions égales ou supérieures à celle proposée (exemple pour un vitrage). 

 

2. VITRAGE DE TOITURE DE VÉRANDA  

Le tableau ci-dessous permet de définir les dimensions maximales admissibles d’un vitrage mis en œuvre en feuillure 4 côtés, en fonction de la composition du vitrage, de la localisation du chantier et du coefficient d’accumulation de neige. 

Une image contenant texte, capture d’écran, diagramme, carte

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

Calculs des températures des vitrages

L’échauffement des vitrages peut conduire à des dégradations progressives telles que le délaminage des vitrages feuilletés ou le fluage et la perte d’adhérence des mastics d’étanchéité des vitrages isolant qui peuvent entrainer son embuage. La température maximale d’utilisation préconisée pour ces types de produits est d’environ 60 °C. 

Le risque de dégradations par dépassement de cette valeur dépend toutefois de la fréquence, de l’ampleur, et de la durée de ces dépassements. Il y aura donc lieu de l’estimer au cas par cas en fonction de la région, de l’exposition des vitrages et de leur environnement. 

 

Contraintes d’origine thermique

Un écart de température dans un même vitrage (les bords étant la partie la plus froide) entraîne dans celui-ci des contraintes mécaniques d’origine thermique susceptibles de provoquer sa rupture si cet écart dépasse une certaine valeur critique.  

L’échauffement du vitrage est provoqué généralement par l’ensoleillement lié aux conditions climatiques du site (flux solaire, températures, altitude, etc.)  

Les caractéristiques du vitrage (caractéristiques énergétiques, coefficient Ug, etc.), son mode de mise en œuvre (feuillure traditionnelle, VEC, façade verticale ou inclinée, fenêtres coulissantes etc.), et la nature des parois au voisinage du vitrage (allège opaque, store, etc.), seront des paramètres importants dans le comportement thermique du vitrage.  

Les vitrages pour lesquels l’écart de température entre deux zones dépasse les écarts critiques définis pour le verre silicosodo-calcique recuit, sous l’effet de l’ensoleillement ou de la proximité d’un corps de chauffe, doivent être renforcés thermiquement (façonnage des bords, verre trempé, durci).  

L’ajout sur le vitrage d’éléments pouvant modifier les caractéristiques énergétiques du vitrage (affiches, étiquettes, films de protection solaire, peintures, etc.) peut conduire à provoquer des risques de casse thermique.

L’évaluation du risque de casse d’origine thermique est réalisée suivant la norme NF DTU 39 P3.

 

Réaction des joints en vitrage isolant

Les vitrages isolant se trouvant placés lors de leur transport, de leur stockage ou de leur mise en œuvre, à une altitude supérieure à celle de leur lieu de fabrication sont soumis à une surpression interne qui peut leur être préjudiciable.  

Afin de préserver les performances des vitrages isolants, la réaction maximale sur leur périphérie ne doit pas de façon générale dépasser la valeur de 1,12 daN/cm. Le dépassement de cette limite peut intervenir lorsque diverses conditions défavorables se trouvent rassemblées :  

  • vitrage de petites dimensions ;  
  • vitrage présentant un rapport longueur/largeur élevé ;  
  • utilisation de composants verriers à forte absorption énergétique ;  
  • lame de gaz de forte épaisseur ;  
  • utilisation de composants verriers de forte épaisseur ;
  • composition verrière dissymétrique ;
  • vitrages exposés à un fort ensoleillement ;  
  • pose des vitrages en altitude.  

Le pré équilibrage des doubles vitrages devra être prévu lorsque l’altitude de pose du vitrage sera à plus de 900m de l’altitude de sa fabrication. Pour le triple vitrage, le pré équilibrage devra être prévu lorsque cette différence d’altitude dépasse 300m.

Le calcul de la réaction maximale des joints de doubles vitrages nécessite l’utilisation d’un logiciel spécialisé.

Condensation sur les vitrages isolants

GÉNÉRALITÉS 

Le phénomène de la condensation superficielle sur les vitrages isolants se présente sous trois formes,

  • sur la face extérieure ou face 1 ;  
  • sur la face intérieure ou face 4 ;
  • sur les surfaces internes 2 et 3 du vitrage isolant ;  
Schéma caractéristique de la condensation superficielle d'un vitrage

 

En raison de l’effet du pont thermique au droit des intercalaires des vitrages isolants, la formation de la condensation sera très différente si l’on est à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment.  

La condensation superficielle sur la face intérieure commence toujours dans les angles, notamment à cause du refroidissement supplémentaire produit par le pont thermique. Les intercalaires en matériau composite, donc plus isolants, permettent de diminuer le risque de condensation dans ces angles.  

La condensation superficielle sur la face extérieure se produit rarement dans les angles, étant donné que les bords du verre extérieur se réchauffent au droit du pont thermique. Le point le plus froid de la face extérieure du vitrage est généralement situé dans la zone centrale, là où les déperditions thermiques sont les plus faibles.

CONDENSATION SUR LA FACE INTÉRIEURE (FACE 4)

Le phénomène de la condensation superficielle sur la face 4 du double vitrage est essentiellement lié aux facteurs suivants : 

  • le climat extérieur ;  
  • la température de l’air intérieur ;  
  • la production d’humidité dans le bâtiment ;  
  • le débit de ventilation ;
  • la température de surface de la paroi.

Pour limiter la condensation, il convient donc d’agir sur chacun des paramètres précités, à l’exception du climat extérieur sur lequel nous n’avons aucune prise.

Le meilleur moyen pour limiter la condensation superficielle sur la face intérieure consiste à capter la vapeur d’eau à la source (produite par exemple dans la cuisine et la salle de bain) et à l’évacuer directement vers l’extérieur. Il y a en outre lieu de chauffer et surtout de ventiler suffisamment les locaux.

Il est également possible de diminuer le risque de condensation en utilisant des doubles vitrages avec un espaceur en matériau isolant au lieu de l’aluminium. Il s’agit de SWISSPACER®. Celui-ci a pour effet d’augmenter la température de surface du verre intérieur et permet ainsi de diminuer le risque de condensation dans les angles.

CONDENSATION SUR LA FACE EXTÉRIEURE (FACE 1)

La condensation superficielle sur la face 1 du vitrage isolant apparaîtra si la température régnant sur cette face du vitrage est nettement plus basse que la température de l’air extérieur et si le point de rosée (température à laquelle la vapeur d’eau devient liquide) de ce dernier est supérieur à la température du verre.  

 

La température superficielle à l’extérieur d’un vitrage est fonction :  

  • du flux de chaleur venant de l’intérieur et traversant le verre. Celui-ci est fonction de l’écart de température existant entre la surface intérieure et la surface extérieure du vitrage et de la valeur Ug de ce dernier ;
  • de l’échange convectif avec l’air extérieur ;
  • des pertes par rayonnement, essentiellement vers la voûte céleste.

 

La condensation superficielle à l’extérieur des vitrages est un phénomène que l’on observe parfois la nuit et aux petites heures du matin sur des vitrages bien isolés, par temps dégagé et en l’absence de vent. Les déperditions thermiques vers le ciel dégagé en sont la cause principale. Il importe de ne pas considérer ce phénomène comme un critère de mauvaise qualité du double vitrage, mais bien comme la preuve d’une bonne isolation thermique. 

CONDENSATION SUR LES FACES INTERNES 2 ET 3

La formation de la condensation sur les faces internes du double vitrage est une indication que la lame d’air ou la lame de gaz n’est plus étanche. Les agents déshydratants sont alors vite saturés et tout air humide pénétrant à travers le joint périphérique diminuera la visibilité par la formation de condensation sur les faces 2 et 3 du double vitrage. Le vitrage isolant doit à ce moment être remplacé, car ce processus est irréversible. 

 

REMARQUES

  1. Une condensation passagère se produisant :
  • à des périodes de forte humidité,  
  • dans des locaux à forte production d’humidité momentanée (p. ex. salle de bain),  
  • lors de temps exceptionnellement froid. Cette condensation ne peut cependant pas être permanente,  
  • lors d’une rénovation ou de la construction d’un bâtiment, la mise en œuvre des matériaux de construction tels que béton, plâtrage, chape, carrelage nécessite des quantités d’eau importantes. Le séchage de ces matériaux génère à l’intérieur des bâtiments des climats transitoires (parfois plus d’une année) anormalement humides pendant lesquels les risques de condensation sont très élevés ;

 

  1. L’emploi d’un espaceur métallique pour réaliser le scellement hermétique du vitrage isolant constitue un pont thermique. L’effet défavorable de ce pont thermique sera d’autant plus marqué que le vitrage isolant en partie centrale sera performant (Ug faible [W/m2K]) et que le profilé de châssis dans lequel il est inséré sera performant thermiquement (Uf faible [W/m2K]) ; d’où l’intérêt d’un intercalaire de type SWISSPACER® qui diminue fortement cet effet de bord ;

 

  1. Espaces confinés : même dans des locaux globalement bien ventilés et/ou chauffés en fonctionne l’utilisation, l’utilisateur peut créer des espaces confinés et y générer ainsi des climats localisés anormalement humides (par exemple, espace créé entre une menuiserie extérieure et une tenture, disposition de décorations ou de meubles à proximité d’une menuiserie, etc.). Le risque de condensation dans ces espaces confinés est beaucoup plus élevé.